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La façon dont nous gérons et interagissons avec nos chevaux peu façonner leur personnalité

Peer-Reviewed Publication

University of Turku

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Horses in an enclosure.

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Credit: Océane Liehrmann, University of Turku

Une nouvelle étude révèle que la personnalité du cheval ne dépend pas uniquement de la génétique, de l'âge ou de la race, mais qu'elle est aussi systématiquement liée à la manière dont les chevaux sont managé, ainsi qu'à la qualité de la relation qu'ils entretiennent avec leurs propriétaires. Ces résultats soulignent l'importance des décisions de gestion quotidienne pour la personnalité et le bien-être équins.

On sait depuis longtemps que la personnalité du cheval influence son bien-être, les résultats de l'entraînement et la qualité des interactions homme-cheval. Si les facteurs génétiques et biologiques jouent clairement un rôle, on en savait beaucoup moins sur les effets potentiels de l'environnement façonné par l'humain.

« La personnalité ne se développe pas indépendamment de son environnement. Les chevaux vivent dans des environnements que nous créons et des relations que nous construisons pour eux, et nos résultats montrent que cela compte », explique l'autrice principale de l'étude, Océane Liehrmann, chercheuse postdoctorale à l'Université de Turku, en Finlande, et à l'Université suédoise des sciences agricoles.

Le groupe de recherche a mené une enquête internationale en ligne durant 2023-2024, recueillant les réponses de 2 257 propriétaires de chevaux concernant environ 2 767 chevaux, en Europe, en Amérique du Nord et au-delà. Les propriétaires ont évalué la personnalité de leurs chevaux à l'aide d'un questionnaire de 52 items et ont fourni des informations détaillées sur les conditions de logement, la fréquence de monte et de travail à pied, le temps de qualité passé avec leurs chevaux, l'utilisation d'équipements de tête, l'historique de propriété et la durée de la relation.

Quatre fenêtres sur la personnalité du cheval

Les analyses statistiques des données ont révélé quatre dimensions distinctes de la personnalité :

•    Sociabilité envers l'humain : tendance à rechercher et à apprécier l'interaction avec les humains
•    Attention : capacité à se concentrer sur les signaux humains et à coopérer avec eux
•    Névrosisme : réactivité émotionnelle et sensibilité au stress
•    Sociabilité envers les chevaux : tendance à avoir des interactions affiliatives et non agressives avec d'autres chevaux

Comme prévu, des facteurs intrinsèques tels que l'âge, le sexe et la race figuraient parmi les principaux déterminants des scores de personnalité. Les chevaux pur sang. par exemple, obtenaient les scores de névrosisme les plus élevés, tandis que les chevaux de trait obtenaient les plus bas. Les hongres obtenaient systématiquement des scores plus élevés que les juments, tant pour la sociabilité envers l'humain que pour l'attention.

La profondeur du lien homme-cheval et la fréquence de monte comptent

La durée et la stabilité de la relation étaient liées à la sociabilité envers l'humain : les chevaux ayant le même propriétaire depuis plus de dix ans obtenaient un score environ 12 % plus élevé que ceux ensemble depuis moins d'un an, tandis que les chevaux étant passés par plusieurs propriétaires obtenaient des scores plus bas que ceux achetés directement à un éleveur.

« Ces schémas suggèrent que la familiarité et la continuité relationnelle contribuent à la manière dont les chevaux s'engagent, avec plus ou moins d'aisance et d'ouverture, envers les humains. Des changements fréquents de propriétaire ou d'écurie pourraient laisser une empreinte durable sur la disposition d'un cheval à rechercher le contact humain », explique Liehrmann.

Les propriétaires qui passaient souvent du temps non structuré avec leurs chevaux, en étant simplement présents, en les grattants, sans rien leur demander, avaient des chevaux obtenant des scores plus élevés en sociabilité envers l'humain. La fréquence de monte, quant à elle, était liée au calme : les chevaux montés 4 à 7 fois par semaine obtenaient des scores plus élevés en attention et plus faibles en névrosisme, tandis que les chevaux rarement montés obtenaient des scores plus élevés en névrosisme. Cela pourrait refléter une accoutumance liée à un entraînement régulier, ou simplement le fait que les chevaux les plus calmes sont préférentiellement choisis pour un usage régulier.

Logement solitaire, compétences sociales réduites

L'un des résultats les plus nets concernait la sociabilité envers les chevaux : les chevaux logés seuls obtenaient systématiquement des scores plus bas que ceux vivant avec d'autres chevaux, qu'ils vivent en binôme ou en troupeau.

Ce résultat soulève d'importantes questions de bien-être. Les chevaux logés seuls pourraient obtenir des scores plus bas parce que l'isolement social limite l'expression des comportements affiliatifs. Il est également possible que les chevaux perçus comme socialement moins aptes soient maintenus à l'isolement. Dans les deux cas, ces résultats désignent le logement social comme un facteur important, tant pour le bien-être que pour le développement comportemental.

Implications pour le bien-être et la gestion des chevaux

Les chercheurs soulignent que l'étude est transversale et n'établit pas de lien de causalité, et que les associations identifiées sont modestes. Des études longitudinales seront nécessaires pour déterminer si les décisions de gestion façonnent la personnalité, si la personnalité influence les décisions de gestion, ou les deux à la fois.

Les résultats montrent néanmoins que les conditions de logement, la fréquence et la qualité des interactions humaines, ainsi que la stabilité de l'historique de propriété, sont toutes associées à des différences mesurables dans les profils de personnalité.

« Comprendre comment les facteurs de gestion et de relation interagissent avec la personnalité a des implications directes pour le bien-être. Si nous concevons des environnements permettant aux chevaux de se développer socialement, de maintenir des relations stables et de bénéficier d'interactions positives avec les humains, nous faisons peut-être plus que simplement faciliter leur manipulation : nous pourrions les aider à développer leur personnalité de façon plus positive », conclut Dr. Liehrmann.
 


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