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Une nouvelle voie métabolique explique la résistance de certains cancers aux traitements

Une étude révèle comment des cellules cancéreuses détournent leur métabolisme lipidique pour résister aux traitements. Une découverte qui ouvre la voie à de nouvelles thérapies combinées plus efficaces.

Peer-Reviewed Publication

University of Liège

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Illustration of a hypoxic colorectal tumor with hypoxic regions identified by anti-CAIX immunostaining (green). Cell nuclei are counterstained with DAPI (blue)

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Credit: University of Liège / N.E. Sounni

Une équipe de chercheurs du Laboratoire Cancer Metabolism and Tumor Microenvironment (Université de Liège) met en lumière un mécanisme inédit qui favorise la survie des cellules cancéreuses face aux traitements. Cette étude révèle comment une enzyme clé du métabolisme lipidique, la stéaroyl‑CoA désaturase‑1 (SCD1), coopère avec un régulateur épigénétique pour soutenir la croissance tumorale.

Dirigée par le Professeur Nor Eddine Sounni, l’équipe s’est intéressée à la manière dont les cellules cancéreuses s’adaptent à des conditions hostiles : manque d’oxygène, privation de nutriments ou exposition aux thérapies anticancéreuses. Ces cellules reprogramment leur métabolisme, notamment lipidique, pour continuer à proliférer. Si l’implication de SCD1 dans l’agressivité tumorale est connue, les mécanismes précis par lesquels elle contribue à la résistance aux traitements restaient jusqu’ici mal compris.

Les chercheurs liégeois ont découvert que SCD1 interagit directement avec HDAC2, une enzyme impliquée dans la régulation de l’expression des gènes et des protéines. Cette interaction conduit à la modification d’une protéine essentielle, la nucléophosmine‑1 (NPM1), via un processus appelé désacétylation. Or, NPM1 joue un rôle clé dans la réponse au stress cellulaire et dans la régulation de la voie du suppresseur de tumeur p53.

Ce nouvel axe moléculaire, SCD1–HDAC2–NPM1, permet aux cellules cancéreuses de mieux résister au stress oxydant et de poursuivre leur croissance. « Nos travaux révèlent un lien inattendu entre le métabolisme lipidique et la régulation post‑traductionnelle d’une voie impliquant un suppresseur de tumeur », explique le Professeur Nor Eddine Sounni. « Cette découverte permet de mieux comprendre comment les cellules tumorales s’adaptent au stress et met en évidence une stratégie thérapeutique combinée prometteuse. »

Pour valider leurs résultats, les chercheurs ont utilisé des modèles de cancer du sein et de cancer colorectal, ainsi que des modèles murins. Ils montrent qu’en inhibant SCD1, les cellules cancéreuses deviennent plus sensibles aux inhibiteurs d’HDAC, des molécules déjà utilisées en cancérologie. La combinaison de ces deux approches produit un effet antitumoral synergique, renforçant l’efficacité des traitements.

Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant simultanément le métabolisme lipidique et les mécanismes épigénétiques. Une telle approche pourrait s’avérer particulièrement pertinente pour les cancers résistants aux traitements, où les options thérapeutiques restent limitées.

Plus largement, cette étude souligne l’importance croissante des vulnérabilités métaboliques en oncologie. En perturbant les systèmes dont dépendent les cellules tumorales pour survivre et s’adapter, les thérapies combinées pourraient améliorer la réponse aux traitements et réduire le risque de rechute.

Le fait que cette voie moléculaire ait été observée dans plusieurs types de cancers suggère également un potentiel d’application au‑delà d’un contexte tumoral spécifique.


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